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… C’est en 2007 au salon de Fronton, que j’ai découvert les œuvres d’Élisabeth Valle, auteur de compositions géométriques qui avaient attiré mon attention dès mon entrée dans le hall d’exposition : j’avais déjà salué Alain Besse et son épouse Loetitia, commencé à bavarder avec elle, partagé des impressions… j’étais en train de vanter les mérites d’une nouvelle invitée au salon : Élisabeth Valle, Loetitia restait impassible, Alain ne disait mot. Ma surprise a été totale lorsque, quelques minutes avant, les discours officiels, Alain m’a avoué que Loetitia signait Élisabeth.

 

Élisabeth avait ouvert les portes de la création picturale à Loetitia qui avait compris que le moment était venu, d’exprimer tout ce qu’elle ressentait depuis des années : Élisabeth avait trouvé sa voie, elle dominait son art sans le savoir. La vie professionnelle de Loetitia décoratrice d’une grande enseigne, vérificatrice à l’imprimerie du timbre-poste, ne pouvait que l’inciter à sa vocation première : les cours de dessin géométrique pris dans son enfance l’avaient profondément marquée. Connaissant les techniques d’exécution, Élisabeth a pu prendre des raccourcis, gagner du temps dans sa progression et atteindre un niveau de qualité impressionnante. Elle évolue, actuellement, en toute liberté dans un espace intérieur-extérieur dont elle a elle-même défini les contours.

 

On a le sentiment qu’elle nous renvoie comme sur un écran, le diagramme des pulsations internes de nos cœurs, en même temps que celui de la propagation des ondes lumineuses et sonores. Élisabeth Valle ausculte la nature sensible, pour s’assurer qu’elle résiste bien à tous les chocs qu’on lui inflige…

 

Aline Llareus-Dinier

 

Critique d’Art

 

ELISABETH VALLE :

 

                            « pour une fantaisie géométrique revisitée »

 

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                        Pavements et dallages, en camaïeu de couleur ou fort contraste, chauds ou froids, le plus souvent cernés de noir : nous connaissions, pour les avoir rencontrées en maints endroits d’exposition, les compositions d’Elisabeth Valle, essentiellement orthogonales, à base de carrés et de rectangles. Effets variés de vitrail, dont l’instinct décoratif déjà affirmé, poursuivait toujours quelque recherche de couleur et de rythme, de rapport inédit forme/fond, de perspective par décalage…

 

            Risque de répétition, danger d’enfermement : E.V a su aujourd’hui s’y soustraire par des approches créatives qui favorisent une meilleure circulation de la lumière et un mouvement plus à vif. Triangulations inégales, organisations rhomboïdales, symétries rompues en « aile de papillon »… sont au rendez-vous de cette nouvelle exposition à La Tour des Rondes de Lavaur.

 

De cette sismographie de la brisure naît assurément un intérêt nouveau,  qui donne figure plus sensible au désir de recevoir ces compositions inventives, à la maîtrise colorée et formelle toujours plus subtile.

 

 

Claude Barrère

Juin 2015

 

 

 

Pour visiter l’œuvre peint d’Elisabeth Valle, il convient de s’appuyer sur des repères tels que les ont laissés les fondateurs de l’art abstrait, Kandinsky, puis Mondrian et Malevitch pour ce qui est de l’abstraction géométrique.

Nous pouvons voir dans ses dernières œuvres une progression vers une recherche au plus près de son pragmatisme, traduisant l’expression d’un psychisme individuel.

Considérons alors qu’à travers cette démarche se discerne une exploration du monde secret des sentiments et un présage de vérité spirituelle.

Après tant de découvertes singulières, son travail se dirige vers la vision que Sean Scully appelle « la rayure formaliste », non comme symbole de l’ordre intellectuel, mais au contraire, pour dépeindre une réalité chaotique.

Elisabeth Valle fait partie de ces créateurs qui s’emparent de diverses tendances, comme de simples outils permettant de parcourir un monde complexe.

 

                                                                                                                Alain BESSE   

                                                                                                                   

 

 

D’orgues d’hiver en lisières noires, la « géométrie » trouve d’autres décalages, circulations d’air et de blanc, d’autres modulations pour les camaïeux.

 

Claude BARRÈRE