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L’enjeu d’Elisabeth Valle est de nous faire connaitre un langage et de redéfinir son propre rôle, celui même d’aborder un monde spirituel fait d’actions graphiques au demeurant d’une intensité flagrante.

 

Son trait est sûr, sans faille, son abstraction revêt des caractéristiques d’une octogonalité  exemplaire.

 

A l’opposé du mythe de Sisyphe, Elisabeth atteint sa cible du premier coup. A partir d’un simple croquis, elle compose une envolée de formes et d’espaces se conjuguant au pluriel avec une dextérité évidente.

Le motif trouve alors son expression et là survient un ensemble que l’on peut considérer à la fois comme un logo/mandala. Parfois elle improvise des structures plus sophistiquées de formes labyrinthiques.

 

Il n’y a aucun doute, les œuvres d’Elisabeth Valle deviennent une grammaire qui repousse les frontières philosophiques, éthiques et sociales.

 

A travers ses tableaux on perçoit l’influence de Victor Vasarely. Avec la même détermination elle étudie les illusions d’optique que crée l’art cinétique.

 

Donc on peut à partir de ces constatations savourer un ensemble cohérent qui nous interpelle au point que l’œuvre d’Elisabeth Valle  atteint son but, portée par une personnalité tout à fait exceptionnelle, car elle a su mettre en place ses deux polarités, masculin/féminin qui lui octroient comme dans son art un équilibre parfait.  

Nelly ESBAS

 

                         ELISABETH  VALLE

         

 

Elisabeth Valle a débuté sa carrière professionnelle comme décoratrice dans une grande enseigne où elle a appris les bases de la couleur et de ses applications. Elle a aussi été vérificatrice à l’imprimerie du timbre-poste à Paris. Durant vingt-cinq ans, elle a évolué dans le domaine artistique en organisant les expositions des œuvres de son compagnon, le peintre Alain Besse. Elle a ainsi côtoyé diverses formes d’art et rencontré de nombreux artistes, peintres et sculpteurs, ce qui l’a poussée à la création de son propre univers artistique. « Passer du statut d’amatrice d’art à celui d’artiste m’a demandé beaucoup de travail et de persévérance» Séduite depuis l’enfance par la géométrie, autodidacte résolument tournée vers l’abstraction, elle est influencée dans sa démarche par des artistes tels Mondrian, Malevitch, Kandinsky et plus récemment par Sean Scully. Ses dernières œuvres sont marquées par une progression vers une recherche plus sophistiquée au plus près du pragmatisme traduisant l’expression d’un psychisme individuel. L’artiste utilise le plus souvent l’acrylique rehaussée d’encre de Chine sur papier et sur toile, et travaille aussi l'huile sur toile. Son œuvre se caractérise par la recherche constante de rythmes, de perspectives et de  couleurs qui explorent un monde secret, un labyrinthe de sentiments et d’émotions. Chaque toile semble être une porte ouverte sur l’infini ou qu’il convient d’ouvrir par une expérience personnelle, un voyage dans l’inconscient, une quête vers un ailleurs spirituel. Elle stylise la réalité par une juxtaposition de prismes colorés dans une savante harmonie  de jeux d’ombres et de lumière. Sa rencontre avec Stéphanie, tapissière, décoratrice, a abouti à la réalisation d’un fauteuil Voltaire à partir d’une de ses  toiles. Le parcours d’Elisabeth est jalonné d’expositions collectives et personnelles dans de nombreux salons et galeries de la région notamment à la médiathèque de Fronton. Elle a aussi remporté plusieurs prix.

 

Jacqueline Coquet

Responsable Culturel

 

 

Élisabeth Valle

Une sensibilité géomaîtrisée

 

 

Un parcours bien tracé qui mène à l'idéal

 

J'ai déjà eu le plaisir, en septembre 2016, de vous présenter Élisabeth Valle, une artiste d'une telle discrétion qu'elle passe souvent inaperçue lors des expositions collectives. On cherche la signature, on cherche l'auteur, mais les œuvres sont là, elles éveillent la curiosité esthétique, elles parlent pour elle...

Il s’agit là d’une peinture d’autant plus difficile à définir qu’elle se complaît dans le paradoxe. D’une part, elle tient le regard à distance par la rigueur d’un graphisme géométrique implacable, d’autre part elle exerce un pouvoir de fascination qui n’est pas sans rappeler celui produit par les précurseurs du cinétisme.

Je rappelle que Élisabeth Valle, initialement vérificatrice à l’imprimerie du timbre- poste, avant de devenir décoratrice d’une grande enseigne, avait dès son enfance, été séduite par la géométrie.

Son art, elle l’exerce en toute liberté, avec une facilité d’exécution d’autant plus étonnante qu’elle semble improviser une composition dont on ignore qu’elle a été savamment mûrie auparavant.

 

À chacun sa route, à chacun son rêve

  

On pourrait croire que l’on se trouve face à un exercice de style d’art graphique, mais on a vite compris que ce  signal, ce chemin, ce labyrinthe, ce couloir… (on ne sait trop quelle est la meilleure définition…) est une façon de nous indiquer le plus sûr moyen d’ouvrir une porte étroite, de tourner le dos à la caverne platonicienne pour atteindre cet Idéal, auquel chacun aspire. Entre l’objectif : la juxtaposition de lamelles colorées, leur ordonnance, et le subjectif : ce que l’on est en droit d’imaginer, entre le plan statique et le trompe-l’œil lumière-espace dynamisé, nos sensations peuvent changer d’une vibration à l’autre, nous inciter à franchir cette barrière que l’on n’avait pas vue, mais qui nous maintient en retrait, comme dans une impasse.

Élisabeth Valle n’a pas besoin de luminocinétisme ajouté, ses œuvres s’éclairent ou s’obscurcissent, palpitent au gré de l’humeur de ceux qui les perçoivent. À ceux qui passeraient trop vite devant les compositions d’Elisabeth Valle, je me permettrai de les inviter à s’attarder un peu, le temps de recueillir le message d’un trop plein émotionnel « inassignable dans le langage critique », qui renvoie aux grands débats sur l’esthétique philosophique des Lumières.

 

Aline Llareus-Dinier - Critique d’Art

 

ELISABETH VALLE :

 

                            « pour une fantaisie géométrique revisitée »

 

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                        Pavements et dallages, en camaïeu de couleur ou fort contraste, chauds ou froids, le plus souvent cernés de noir : nous connaissions, pour les avoir rencontrées en maints endroits d’exposition, les compositions d’Elisabeth Valle, essentiellement orthogonales, à base de carrés et de rectangles. Effets variés de vitrail, dont l’instinct décoratif déjà affirmé, poursuivait toujours quelque recherche de couleur et de rythme, de rapport inédit forme/fond, de perspective par décalage…

 

            Risque de répétition, danger d’enfermement : E.V a su aujourd’hui s’y soustraire par des approches créatives qui favorisent une meilleure circulation de la lumière et un mouvement plus à vif. Triangulations inégales, organisations rhomboïdales, symétries rompues en « aile de papillon »… sont au rendez-vous de cette nouvelle exposition à La Tour des Rondes de Lavaur.

 

De cette sismographie de la brisure naît assurément un intérêt nouveau,  qui donne figure plus sensible au désir de recevoir ces compositions inventives, à la maîtrise colorée et formelle toujours plus subtile.

 

 

Claude Barrère

Juin 2015

 

 

 

Pour visiter l’œuvre peint d’Elisabeth Valle, il convient de s’appuyer sur des repères tels que les ont laissés les fondateurs de l’art abstrait, Kandinsky, puis Mondrian et Malevitch pour ce qui est de l’abstraction géométrique.

Nous pouvons voir dans ses dernières œuvres une progression vers une recherche au plus près de son pragmatisme, traduisant l’expression d’un psychisme individuel.

Considérons alors qu’à travers cette démarche se discerne une exploration du monde secret des sentiments et un présage de vérité spirituelle.

Après tant de découvertes singulières, son travail se dirige vers la vision que Sean Scully appelle « la rayure formaliste », non comme symbole de l’ordre intellectuel, mais au contraire, pour dépeindre une réalité chaotique.

Elisabeth Valle fait partie de ces créateurs qui s’emparent de diverses tendances, comme de simples outils permettant de parcourir un monde complexe.

 

                                                                                                                Alain BESSE   

                                                                                                                   

 

 

D’orgues d’hiver en lisières noires, la « géométrie » trouve d’autres décalages, circulations d’air et de blanc, d’autres modulations pour les camaïeux.

 

Claude BARRÈRE